RESEÑAS et PHOTOS 25

Maubourguet : l’éclosion de La Rosa

24/08/2025Tertulias

Résumé

Belle après-midi que celle vécue par les spectateurs (dont de nombreux jeunes) présents ce dimanche sur les gradins des arènes de Maubourguet. La première sortie dans une arène des Murube de La Rosa a été une réussite avec trois toros intéressants, dont deux très bons, sur quatre. Emilio Garcia-Torrès, remplaçant de Fernando Vanegas blessé, a été le plus en vue des deux novilleros malgré le lot le moins favorable. Arias Samper a touché deux très bons erales. Il est encore vert mais n’a pas baissé les bras face au quatrième, un eral qui en imposait par son volume et sa caste.

Pour les amateurs de statistiques, les deux novilleros, qui ont à revoir le chapitre utilisation des aciers, ont chacun fait une vuelta et coupé une oreille

Chose rare, le sobresaliente Joaquin Mansur a pu faire un quite (réussi) et poser une paire de banderilles.

A l’issue de la course Pascal Bounnau a donné rendez-vous au public en 2026. Et pourquoi pas avec des La Rosa?

Les erales

Ce sont les premiers produits de la ganaderia La Rosa à sortir dans une arène qui ont foulé le sol de la placita maubourguettoise. Pour un coup d’essai, ce fût un coup de maître ou plutôt de maîtresse car c’est Paola Martin qui préside au destinée de cette élevage. D’origine Murube, la présentation oscillait entre bien présenté et très bien présenté malgré des armures adaptées à une non piquée. Les erales se sont tout d’abord distingués par leur « solidité ». Aucune génuflexion, ce qui est rare de nos jours. A l’exception du troisième, aucun n’est allé « a menos ». Le premier était noble à condition de le tenir loin de sa querencia ce qui est compliqué dans une petite piste carrée. Le second a fait preuve de beaucoup de noblesse et de race. Le quatrième, au physique de cuatreño, a allié noblesse et caste et a été honoré d’une vuelta posthume. Seul le dernier, manso et vite éteint, a déparé dans le lot.

Les novilleros

Emilio Garcia-Torres

Emilio Garcia-Torres a du recours. Son premier est noble si on arrive à le garder dans la muleta.  Le novillero parvient à le faire à droite et donne de bons derechazos.  C’est plus compliqué à gauche.  L’épée est efficace. Oreille.  Le troisième très charpenté est compliqué.  Garcia-Torres essaie, montre qu’il a de l’officio et s’arrime malgré la difficulté. Vuelta après une mise à mort en deux épées et un descabello.

Eral numéro 35

Le premier est abanto.  Il s’échappe de la cape de Emilio Garcia-Torres.  A la muleta le novillero commence de rodillas. Le toro est noble sur cette corne à condition de l’obliger. A gauche, c’est plus difficile de le garder. Garcia-Torres revient à droite mais l’eral a tendance à se rappeler qu’il apprécie le terrain des planches toujours proche dans cette petite piste.  La faena va « a menos ». Le final est trémendiste mais le novillo ne se prête pas au jeu . L’épée est trasera et caidita mais elle suffit. Oreille.

Eral numéro 23

Le troisième est un quasi utrero.  Il est applaudi à son entrée en piste. Il se freine dans la cape de Emilio Garcia-Torres. Au second tiers il ne s’emploie pas beaucoup. Le novillero double son eral genoux ployés.  Il impose son autorité lors des premiers derechazos.  Sur la seconde série, le toro se garde de plus en plus et donne des hachazos en fin de passe. A gauche, l’animal n’a plus de charge et cherche l’homme.  Garcia-Torres reprend la main droite. Le La Rosa est parado. Le novillero prend l’épée de muerte pour mettre une entière basse qui ne fait pas effet.  Il place ensuite une demie tombée après la sonnerie du premier avis. Le novillo tarde à tomber. Vuelta.

Arias Samper

Arias Samper est vert.  Le second est un excellent eral dont il n’exploite pas le  potentiel avant de mal tuer. Vuelta. Le dernier est aussi volumineux qu’encasté. Samper sans demeriter s’arrime mais reste en dessous du toro même si la faena va à mas. La mise à mort est approximative. Oreille

Eral numéro 25

Le second met bien la tête dans la cape de Arias Samper. L’equatorien banderille de façon approximative Début de faena par une cambiada et des derechazos. Le novillo est noble et répète . Samper enchaîne les muletazos sur les deux cornes sans trouver le sitio et peser sur un novillo qui a plus à offrir que ce qui lui est demandé. Le novillero s’applique mais, pêché de jeunesse, confond vitesse et précipitation. Première tentative à recibir, le novillero pinche. Nouveau pinchazo, la troisième tentative se solde par un bajonazo peu efficace. Un avis sonne avant que le La Rosa ne tombe. Palmas au novillo, vuelta du torero.

Eral numéro 24

Le dernier aurait pu sortir en piquée. Il débordé Arias Samper quand il le reçoit à la cape. Le sobrero fait un bon quite par véroniques avant de partager les banderilles avec Samper. L’équatorien commence sa faena par des doblones autoritaires puis enchaîne par des derechazos.  Le novillo est très encasté et exigeant. Le novillero s’applique mais est en difficulté. A gauche l’eral est aussi exigeant que sur l’autre piton mais le torero est plus à l’aise. Cela se ressent quand il prend la main droite et la faena va à mas même si le novillero reste en dessous de l’excellent novillo. L’épée est trasera et contraire mais elle suffit. Oreille et mouchoir bleu.

Fiche technique

  • Emilio Garcia-Torres: oreille, vuelta (avis)
  • Arias Samper: vuelta (avis), Oreille
  • Sobresaliente: Joaquin Mansur
  • Vuelta au quatrième.
  • Le mayoral a été invité à saluer à l’issue de la course
  • Président: Philiippe Tort
  • 300 personnes
  • Météo estivale

Thierry Reboul

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L’important, c’est La Rosa !

À MAUBOURGUET.- Hier après-midi, novillada sans picadors. Très beau temps, deux tiers d’arènes. 4 erales de La Rosa très bien présentés (n° 35, n° 25, n° 23, n° 24), bons et braves surtout les 2e et 4e. Le 4e, « Miralrio » a été primé d’une juste vuelta.

Président : Philippe Tort. Durée : 2 h 2.

Le sobresaliente mexicain Joaquim MANZUR (Azur de la Côte et or) a été invité au quite aux 3e et 4e, et aux banderilles par Samper au 4e.

L’élevage de Laura, fille d’Olivier Martin, faisait sa présentation en public.

Emilio GARCIA TORRES (Rouge de la ligne et or) : 1 entière, OREILLE ; 1 entière de côté, avis, 1/2, 1 descabello, VUELTA –

Arias SAMPER (Bleu du ciel et or) : 2 pinchazos, 1 entière de côté, avis, VUELTA ; 1 entière contraire basse, OREILLE

Présent dans le callejon, en visiteur pour une fois, Alain Bonijol, en voyant sortir les novillos de la Rosa a failli courir chercher un de ses chevaux stars de la pique ! Superbes, de gabarits imposants, d’une présence de tous les instants, les erales de la famille Martin, d’origine Murube auraient pu mettre en déroute de nombreux apprentis toreros.

Le Salmantino Emilio Garcia Torres, venu en remplaçant de Fernando Vanegas (blessé à Roquefort le 15 août) et l’Equatorien Arias Samper ont livré quatre combats dignes, se montrant, « en passant » à la haureur de leurs braves adversaires, mais n’ont pas moissonné tout ce qu’il y avait à couper. La tarde récompense en tout cas l’équipe de Pascal Bounneau-Lavedan qui remettait cet été la novillada au programme des fêtes de Maubourguet. Deux heures sans la moindre seconde d’ennui avec l’indispensable acteur de la fiesta : le toro. Même jeune, il peut faire déborder le calice des émotions. Depuis hier, l’important c’est La Rosa !

Patrick Louis (article posté le 25/08/2025 La dépêche)

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A.TORRES article posté 25/08/2025 La dépêche

Novillada non piquée de Maubourguet :

quatre taurillons Rosa sans épine face à des novilleros bien en dessous

Très belle après-midi dimanche soir dans les arènes Balao à Maubourguet pour la novillada non piquée et la présentation des erales (taurillons de 2 ans) de Paola Martin, fille de l’ancien novillero de Saint-Sever, Olivier Martin. Elle présentait pour la première fois dans une arène des pupilles de son nouvel élevage « La Rosa » d‘origine Murube, via Fano.

Un temps clément s’était invité à la fête qui aurait pu laisser présager un public encore plus nombreux comme l’auraient souhaité les organisateurs. Quatre erales fort bien présentés et armés. Tous dans le type de l’encaste et faisant preuve à divers degrés de vigueur, noblesse, caste et bravoure. A l’exception du troisième, aucun n’est allé « a menos ».

N° 35 peu convainquant à la cape, Emilio Garcia Torres commença sa faena par des passes à genoux d’assez bonne facture, mais les séries qui suivirent furent très profilées et d’une grande superficialité. Dommage le novillo était noble et ne demandait qu’à obéir. Emilio conclut par 2 manoletinas de pacotille et une lame entière, légèrement tombée et en arrière, longue d’effet et portée sans engagement. Il obtint cependant un trophée grâce à quelques mouchoirs dans les gradins et à l’insistance déplacée du péon.

N° 25 le second mit bien la tête dans la cape de l’équatorien Arias Samper qui posa ensuite les banderilles à la va que je te pousse. Il commença sa faena par un pase cambiado suivi de passes sur la droite. Très vert le garçon subit davantage la charge du bovin qu’il ne la canalisa. Il enchaîna ensuite des séries de passes sur les deux bords sans jamais rien maîtriser. Encore une fois dommage, le novillo était également noble et répétait. Le novillero, très en dessous de son adversaire, ne trouva jamais le sitio et ne pesa jamais sur son novillo. Conclusion en deux essais infructueux et un bajonazo très, très long d’effet. Applaudissements fournis pour la dépouille du novillo. Quant au novillero, il s’octroya un tour de piste. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Surtout si le public est indulgent !

N° 23 le troisième était également corpulent et assénait de violents coups de tête dans la cape d’Emilio Garcia Torres. Il sembla s’assagir lors de la deuxième série de muletazos à droite. La troisième série demeura chaotique et la quatrième très profilée. Emilio changea de bord sans pour autant reprendre en main la situation. Devenu abanto, le Murube n’offrait plus la moindre passe. Pour en finir, Garcia Torres dut enfoncer une lame entière tombée suivie d’une demi-lame également tombée et de 2 descabellos. Après avoir entendu un avis le novillero fut gratifié par un tour de piste. Comprenne qui pourra ?….

N° 24 le quatrième aurait pu sortir en piquée. Le novillo était très encasté et exigeant. Arias Samper avait beau s’appliquer, il n’en restait pas moins en difficulté, d’autant que l’eral avait les mêmes exigences sur les deux cornes. Le reste de la faena fut très décousue, hachée, accrochée… L’Équatorien signa l’ensemble d’une entière sur l’épaule hémorragique et longue d’effet, gratifiée par… une oreille ???…. Je restais perplexe et me demandai si je ne devrais pas rapidement changer d’activité. La dépouille du Murube fut honorée à juste titre par un tour de piste et le mayoral de La Rosa invité à saluer.